L’édition 2016

L’édition 2016 du festival rayonne autour de trois plateformes…
Un été cinématographique en 6 dates et des films documentaires en écho avec l’esprit du festival.
Les rencontres de l’été avec des conférences et des dialogues menés par L’École d’Été.
Un programme hors les murs pour que le festival rayonne au-delà de Lectoure.

« Utopies, Espoirs, Colères » : c’est via ces trois mots qu’Aline Pujo*, notre commissaire pour cette édition 2016 de l’ Été photographique de Lectoure, va nous rassembler tout l’été, trois mots dans lesquels passera tout notre monde, trois mots pour le caractériser.

Dominique Paillarse
Président d’Arrêt sur images

UTOPIES, ESPOIRS, COLÈRES

Après une année marquée par une actualité chargée, le festival interroge la façon dont les artistes réagissent face à la violence, à l’injustice ou au désarroi. Comment expriment-ils dans leurs œuvres les colères, les espoirs, voire les utopies de leurs contemporains ? Plaques sensibles de leur époque, tous ont dû à un moment ou à un autre réfléchir à leur positionnement d’artiste face à l’histoire et à ses soubresauts afin de trouver la bonne distance, celle qui permet d’inventer des réponses.

L’exposition réunit un panorama d’artistes internationaux qui partagent une conscience inquiète du monde et pour qui la création de nouvelles représentations va au-delà du témoignage critique ou d’une expression indignée. Pour eux, l’art agit sur le monde. En incitant le spectateur à sortir de son mode habituel de consommation des images et à prendre le temps de la réflexion, leurs œuvres modifient le regard et ouvrent de nouvelles perspectives.

La poésie de Roger Ballen ou l’objectif magnifiant de Mathieu Pernot rédiment et réparent des misères psychiques et sociales. Rédemption et réparation sont à l’œuvre également dans les couleurs cache-misère de Graeme Williams et dans la beauté des images de LaToya Ruby Frazier qui met en scène les ravages de la désindustrialisation sur sa propre famille. Le regard douloureux et précis d’Alberto Garcia-Alix sauve de l’oubli une génération perdue, tandis que la caméra de Jhafis Quintero le sauve de l’enfermement. Les objets et les témoignages recueillis par Joana Hadjithomas & Khalil Joreige auprès des détenus du camp de Khiam donnent de la substance à leur expérience, alors que Mounir Fatmi fait d’une ancienne prison la métaphore d’une jeunesse sous surveillance.

Les panneaux d’annonces immobilières détournés par Taysir Batniji transposent la folie destructrice des bombardements de Gaza dans notre quotidien. Bouchra Khalili rend sensibles les épreuves traversées par les migrants clandestins tandis que la caméra de Clarisse Hahn rend visible une cause ignorée, portée par les corps dénudés de protestataires au bord du désespoir. L’objectif délicat et attentif d’Yto Barrada sauve les plantes de Tanger de la rapacité des promoteurs immobiliers, comme les interventions furtives de Julien Berthier sauvent un environnement saccagé par le chaos du mobilier urbain. La caméra de Frank Smith mord dans la bêtise du monde, tandis que la course de Jordi Colomer ouvre des chemins de traverse dans la ville.

Les problématiques soulevées par ces œuvres s’inscrivent dans un large débat d’idées qui sera porté, tout au long du festival, par une programmation cinématographique et des rencontres avec les artistes et d’autres personnalités.

Aline Pujo
Commissaire invitée


*Aline Pujo a été conservateur du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et conservateur de grandes collections photographiques (Caisse des dépôts et banque Neuflize OBC), elle est la commissaire d’exposition de cette nouvelle édition.