« RÉVOLUTION ZENDJ » & « UN DOLLAR PAR JOUR »

Dans le cadre de l’Été cinématographique

Le vendredi 23 septembre à 21h 
Au cinéma Le Sénéchal


CARTE BLANCHE À PASCALE CASSAGNAU*

Traversée par de multiples hypothèses sur le réel, l’histoire, l’intime, la création vidéo contemporaine de cette dernière décennie ne constitue pas un champ transcendental en tant que tel mais représente un territoire indécidable, que les artistes et les cinéastes  investissent au même titre que la photographie.

Bien des œuvres vidéos contemporaines ressaisissent un certain nombre de problématiques en les déplaçant, pour en explorer toute la portée utopique: l’appropriation de sources culturelles diversifiées issues du monde des mass media dans la perspective d’internet des réseaux comme contexte, le temps humain et l’auto-fiction de tout le monde, le singulier et l’intime, ressaisis à l’échelle d’un temps commun, entre espace public et espace privé, les représentations singulières de soi qui entrent en dialogue avec un travail de l’image. «Quelquefois, je me souviens des choses que je n’ai pas connues » écrit Marguerite Duras dans « La Femme du Gange », faisant de l’écriture et du travail de la mémoire l’indice d’une différence temporelle et d’une différence spatiale d’avec le présent.

Ce que manifestent les films Tariq Teguia, Jocelyne Saab, David Yon – films documentaires et documentés – c’est leur capacité  à traverser  l’histoire, à se ressaisir de la vérité et de la réalité, non comme visées dernières mais bien plutôt comme des outils, des réserves de formes, pour entreprendre un trajet, une trajectoire, un chemin à travers des géographies  politiques complexes. A leur tour, ces œuvres déterminent un lent exercice de lecture et de déchiffrement, plaçant en perspective tous les corpus descriptifs qui fondent la matière documentaire, interrogeant ainsi la nature même du « filmique ».

Les œuvres formulent un certain nombre d’hypothèses mises en partage qui concernent aussi bien  une retraversée de quelques topos de l’art contemporain  que le faire oeuvre, la possibilité du récit,  en engageant la promesse  “ d’histoires qui demandent à être racontées”, selon l’expression du philosophe Paul Ricoeur dans « Temps et Récit I ».

*Pascale Cassagnau est responsable des collections audiovisuelles et nouveaux médias au Centre national des arts plastiques.

JOCELYN SAAB

Née à Beyrouth en 1948
Vit entre Paris et Beyrouth
Libanaise
Site de l’artiste

Née à Beyrouth, Jocelyne Saab est journaliste, photographe, cinéaste, plasticienneReporter de guerre, Jocelyne Saab a parcouru de nombreux pays en plaçant sa caméra au coeur même des conflits armé, en s’attachant à témoigner du devenir chaotique du Liban, en filmant Beyrouth dans la guerre. Son travail consiste à interroger le réel par la photographie et le film, en plaçant chaque medium artistique dans la perspective de l’autre pour mieux creuser les vérités humaines.

Au cours de l’automne 2015, je me suis rendue dans la Plaine de la Beeka, près de la frontière syrienne. En Syrie, les combats durent depuis 4 ans. Ils ont provoqué 500 000 morts, 6 millions de réfugiés. Je ne savais pas encore qu’il s’agissait pour moi d’une histoire irrémédiable. La vie cherchait à se dérober d’entre mes mains. Le court-métrage est une chronique de l’urgence,  déclinée à travers des portraits filmiques et photographiques, en un travail rigoureux des cadrages et du montage.

Jocelyne Saab – Un dollar par jour, 2016 © Collection de l’artiste

Un dollar par jour a reçu le soutien du CNAP / Fonds Image Mouvement


TARIQ TEGUIA

Né en 1966 à Alger
Algérien
Site du CNAP

Ibn Battutâ est journaliste dans un quotidien algérien. Un banal reportage sur des affrontements communautaires dans le Sud algérien le conduit sur les traces de révoltes oubliées du 8e au 9e siècle sous le Califat abbaside en Irak. Pour les besoins de son investigation, il se rend à Beyrouth, ville qui incarna durant plusieurs décennies toutes les luttes et les espoirs du Monde arabe. Ailleurs sur la carte, Nahla, une jeune palestinienne revient à Beyrouth sur les traces de son père, un militant nationaliste.
En Irak sous occupation américaine, Monsieur Prince, entrepreneur multicartes voit grand et compte vite l’argent. Pour préserver ses revenus exponentiels, il se rend à Beyrouth.
Tous se rencontreront. Maisdu temps sécoulera avant ces collisions, il y aura des ratages et des impasses, des éclipses et des fictions parce que les fantômes sont partout, parce que Beyrouth, la Babylone des révolutionnaires, n’est plus là que dans ses interstices. Bientôt, il faudra déserter Beyrouth en fuyards, se choisir un autre exil. Une ligne de fuite vers le Nord Ouest pour Nahla, vers l’Est et Bagdad, la Ville des villes pour Ibn Battutâ, reporter indécis maintenant au bord de lui-même, sidéré devant l’ampleur du Tigre, dérivant l’arme à la main sur un mashood dans les eaux du Chott el Arab, le Golfe arabo-persique à portée de main. L’Eden atteint?

Tariq Teguia – Révolution Zendj , 2013 – 2h17

Bande-annonce

Révolution Zendj a reçu le soutien du CNAP / Fonds Image Mouvement


En partenariat avec
Le Sénéchal cinéma de Lectoure
L’association Ciné 32
Le CNAP / Fonds Image Mouvement