Ancien Hôpital

Ouvert jusqu’au 25 septembre

Alberto Garcia-Alix est un rescapé de la « movida » madrilène qui, après la mort de Franco en 1975, a saisi une jeunesse espagnole affamée de liberté. Photographe autodidacte, Alberto Garcia-Alix avait tout juste 20 ans et s’est livré à tous les excès d’une période dont il est devenu l’une des figures emblématiques, mais également le chroniqueur. Ses portraits en noir et blanc où poètes, chanteuses, actrices, drogués ou motards sont souvent des compagnons de plaisir et d’infortune, constituent une véritable galerie « d’oubliés et de martyrs ».

« La photographie me recentre. Elle me maintient en vie » reconnaît Alberto Garcia-Alix qui rend hommage à son moyen d’expression dans de nombreux autoportraits où il grave des moments d’épreuve « pour ne pas les oublier ». Qu’ils fixent son visage ou bien son effigie, son blouson, ses chaussures ou sa moto, ces autoportraits expriment des états d’âme où la mélancolie et la mort ne sont jamais loin.

Dans son film de 2014, « Un Horizonte falso » Alberto Garcia-Alix regroupe des photographies prises depuis 2010 et expérimente des déformations de plans et des décors à la façon du cinéma expressionniste. Son vocabulaire s’enrichit de constructions oniriques et de visions morbides, voire de références christiques qui évoquent un chemin de croix. Sa voix rauque accompagne les images d’un commentaire poétique qui accentue leur symbolisme et en font des métaphores du destin. Les mots y rejoignent les ombres qui s’étirent vers un « faux horizon ». Celui de la mort qui a englouti sa génération et celle qui le menace ?

Pauline de Laboulaye


ALBERTO GARCIA-ALIX

Né en 1956 à Leon, Espagne
Vit et travaille à Madrid
Espagnol
Site de l’artiste
Site de la galerie Kamel Mennour et du CNAP

« La photographie m’a tout appris, à aimer, à me comprendre et à comprendre les autres, à regarder le monde. Elle m’a empêché d’aller trop loin, elle m’a sauvé de la mort quand j’aurais pu sombrer définitivement dans la drogue, comme mon frère et la plupart de mes amis. Je suis un survivant. »


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