Programme des ateliers jeune public

Tous les vendredis jusque fin août, nous proposons des ateliers gratuits pour les 6 – 12 ans, autour des œuvres exposées et en lien avec l’image !
De 10h à 12h, au Centre d’art et de photographie, sauf mention contraire.
Inscriptions par mail ou téléphone. 

◦ Vendredi 22 juillet
Autour de l’œuvre d’Yto Barrada (Iris Tingitana), cet atelier se propose, par la (re)création de ces iris endémiques en voie de disparition et leur disposition dans l’espace, de sensibiliser les enfants à la démarche de l’artiste. Ils pourront se questionner sur l’environnement et la place de la flore et du passé dans les constructions du présent.

◦ Vendredi 29 juillet
A la façon de Julien Berthier, crée ton panneau personnel et modifie l’espace urbain de Lectoure ! Ton oeuvre pourras être accrochée à un totem exposé au Centre d’art et de photographie..!

◦ Vendredi 5 août
Rendez-vous pour un atelier qui propose une approche ludique et pédagogique de la lecture de l’image. Il s’agit d’un jeu en équipe pour les plus jeunes qui permet de mettre les participants dans une attitude dynamique face aux images et d’ouvrir des pistes de réflexions sur la photographie. L’idée est de faire prendre conscience aux enfants qu’une image découle du choix et des intentions de l’auteur en les amenant à échanger, à argumenter, se confronter et à expérimenter, de manière à la fois individuelle et collective, la lecture d’image.

◦ Vendredi 12 août
En partant du travail d’Alberto Garcia-Alix, découvre les nombreuses facettes de l’autoportrait en noir et blanc. Amuse toi à te façonner un nouveau visage et apprend à jouer avec les ombres ! Nos médiatrices Caroline et Bérénice t’attendent pour un atelier photo qui sort du commun !

 Vendredi 19 août
En partenariat avec Le Bleu de Lectoure, nos médiatrices proposeront un atelier en rapport avec l’iris de Tanger et le bleu pastel gersois.
Au programme : s’amuser avec les pastels, découvrir la richesse de cette plante et dessiner l’emblème de sa ville. Pour finir, les enfants rejoindront le mouvement de guérilla botanique d’Yto Barrada en fabriquant de petites bombes de terre chargées de graines de pastels!

◦ Mercredi 24 août, exceptionnellement à 10h30, rendez-vous à la Halle
Architectes en herbes !
L’artiste palestinien Taysir Batniji expose des photos de maisons détruites par l’armée israélienne. Les enfants seront invités à reconstruire ces maisons. Place à l’imagination et à la créativité pour redonner vie à ces habitations.

◦ Vendredi 26 août
Plus d’informations prochainement. 

◦ Mercredi 31 août
Plus d’informations prochainement. 

◦ Mercredi 21 septembre à 15h, suivi d’un goûter
Plus d’informations prochainement. 

Parcours en musique

Avec Broumetch
Le dimanche 14 août à 16h
Au départ de la Halle
Suivi d’un moment convivial dans le jardin du Centre d’art et de photographie


Le broumetch c’est un mélange, un mélange au premier sens du termes; mélange de coquillages écrasés et de poissons dont on prépare un appât pour aller à la pêche utilisé du coté de Sète. Mais c’est surtout un joyeux mélange de musiciens et une petite formation qui passe partout, composé d’une accordéoniste diatonique, Christel Gonzales, d’un contre-bassiste, Pierre Groussolle, d’un guitariste, Benjamin Touzet, d’un clarinettiste, kevin Le Manach et depuis peu, d’un percussionniste, Laurent Roches.

Né en 2011, sous le nom de trio “DouDouX”, Broumetch se produit rapidement, d’abord sur les marchés du Gers puis sollicité par les particuliers, les bars. Ces musiciens nous communiquent de la joie de vivre et du bonheur. Chacun de ces cinq artistes apportent leur style et leur sensibilité pour composer une musique instinctive, communicative d’un besoin de liberté. Fort d’une excellente complicité, leur musique laisse une large créativité à des arrangements originaux et des improvisations libres afin de mieux pouvoir appâter son public. Avec un répertoire de compositions très originales jazzy orientalo balkanik contentionnel, de environs 2h15, agrémenté de quelques reprises, suivant l’humeur, tel que « Les filles de joies »  Georges Brassens, « Libertango » Astor Piazzola, « Ederlezi » chant trad et « Les yeux noirs » Musique trad.

HISTOIRES DE PNEU

Workshop animé par Pierre-Yves Brest

Les 21, 22 et 23 juillet
Au Centre d’art et de photographie


Bérénice Gérard
Bérénice Gérard

Afficher quelques unes des productions des participants 


La fabrication d’une image photographique est sous-tendue par la question du point de vue, tant spatial que critique. Ce stage se propose d’initier un projet photographique à partir de l’observation et l’étude d’objets singuliers, volontiers ordinaires ; une invitation à faire un pas de côté, à porter un regard poétique mais néanmoins nourri sur notre environnement immédiat comme pour mieux appréhender la complexité de notre monde contemporain.

S’il me fallait proposer un objet d’étude, ce serait pour moi le pneu, mais toute autre proposition est la bienvenue.

Le pneu adhère, amortit les chocs, limite les vibrations d’un véhicule ; il crisse, écrase, projette, laisse une empreinte sur le sol… C’est un objet technologique qui cherche à la fois à défier les forces centrifuges tout en recherchant la gravité à tout prix. Ses rainures finement dessinées flattent une gent masculine toujours plus avide de vitesse et de dépassements… comme de sécurité routière. Le pneu participe par son dessin comme par sa taille à l’identification même des véhicules, il annonce son usage : pneu «sable», «neige», «de course» ou «tout terrain». Il enserre et transporte dans ses sillons les fragments épars d’objets, de minéraux, de végétaux, de germes venus d’ailleurs… un microcosme paradisiaque pour certains, un cauchemar pour les spécialistes des épidémies qui useront volontiers de larges rotoluves et d’agents désinfectants puissants !

Le pneu est aussi cet objet commun dont le matériau constitutif et naturel a une origine végétale : le caoutchouc ; une origine lointaine venue d’Amérique du Sud et d’Afrique apportée progressivement en Europe ; un bois qui suinte du latex, des balles précolombiennes qui rebondissent et décrivent les rotations de l’astre solaire… Dès l’origine, la découverte du latex, aussi bien en Afrique noire qu’en forêt amazonienne, conduit pour sa récolte à des exactions gravissimes. Au Congo belge, le consul britannique Roger Casement établit en 1903 un rapport célèbre qui dénonce les tortures et massacres perpétrés par les sbires de Léopold II, roi des Belges. Mais bien avant cela, Casement accompagna le jeune écrivain Joseph Conrad dans la jungle, et celui-ci en revint transformé par ce qu’il avait vu. Il écrira à la suite de cette tragique expérience Au cœur des ténèbres qui montre bien la profondeur de l’Afrique d’alors comme un lieu d’hétérotopie absolu. Dans les années qui suivent son rapport, Casement est envoyé par le gouvernement britannique dans le Putumayo, contrée au confins du Pérou et de la Colombie, dans la forêt amazonienne. L’histoire se répète, les indiens sont torturés et assassinés en raison de l’âpreté au gain d’une compagnie dont le siège est dans la City à Londres, et dont les dirigeants sont issus de l’aristocratie la plus huppée. Le deuxième rapport de Casement fera scandale.

« Inventé » en Afrique du sud durant l’appartheid; le supplice du pneu reste encore de nos jours un instrument de torture trop bien connu.

Le pneu est aussi l’allié des manifestants qui le brûlent volontiers ou s’en servent pour dresser des barricades ; symbole rendu visible des revendications sociales. À des centaines de kilomètres de chez vous, l’usine du géant américain Goodyear est en train de fermer à Amiens Nord… Alors qu’à Onnaing dans la même région des Hauts de France, on continue de les monter chez Toyota…

En 1972 le photographe américain Walker Evans exposait en même temps des objets prélevés dans le réel (objets souvent bidimensionnels : enseignes de publicité, panneaux routiers…) et leurs images, rapprochant ainsi sa conception de l’activité du photographe de celle du collectionneur. Pour ce stage, il pourrait aussi être question de collecte… avant qu’il ne soit question de collection.

Enfin, le pneu aboutit souvent dans des lieux improbables, les jardins particuliers où ils servent de jardinières, contre les bateaux pour la mise à quai, dans les décharges publiques et les terrains vagues. C’est un agent polluant important mais aussi un lieu d’habitat pour toutes sortes d’espèces animales. Le pneu est aussi parfois recyclé dans les terrains de sport, remblais routiers, gazons artificiels, revêtements pour terrains de jeux d’enfants etc…

Le pneu comme prétexte est donc le site de multiples lieux d’hétérotopie dont toutes ces histoires, parfois tragiques et lointaines dans le temps et l’espace, gardent la trace.

Projet
Dans le cadre de cet atelier de 3 jours, invitation est faîte aux participants de prendre appui sur l’une des pistes évoquées ci-dessus, ou d’en proposer une nouvelle, afin d’amorcer un projet photographique spécifique et personnel (photographie directe, mise en scène, collecte, détournement d’objets…) Les enjeux abordés pourront être politiques, technologiques, écologiques… poétiques… Chacun selon sa pratique et ses envies doit pouvoir développer un projet original. Le stage se clôturera par une présentation des images réalisées… et peut-être des objets collectés.


Modalités d’inscription
Ouvert à tous sur inscription (mail ou téléphone).
Les journées commençent à 10h et se terminent à 17 ou 18h, selon l’avancement des projets des participants.
Frais de participation : 50 €
Tarif réduit pour les étudiants : 30 €

Se munir d’un appareil photo, de cartes et câbles, d’un carnet et éventuellement d’un ordinateur portable (non indispensable).


Pierre-Yves Brest (1967) a étudié la photographie à l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles et l’histoire de l’art à l’Université de Paris-X. Depuis 2006 il a exposé au musée des Beaux-arts de Dunkerque, au FRAC Nord-Pas de Calais, à la galerie Le Carré à Lille, à la Centurion Box Gallery de Douvres… Il a publié en 2007 auxÉditions Un, Deux… Quatreun livre intitulé « Le Bataillon de Sourbrodt». En 2010 il obtient une aide du Centre National des Arts Plastiques pour sa première exposition personnelle à la Galerie Intérieur (Lille). En juin 2011 il achève une résidence « Ecritures de lumière » (Ministère de la Culture/Cinéligue) réalisée à Boulogne-sur-mer. Il vit à Lille et enseigne à l’École supérieure d’art de Cambrai.

Pierre-Yves Brest, Journal N°2
Pierre-Yves Brest, Journal N°2

Ancien Hôpital

Ouvert jusqu’au 25 septembre

Alberto Garcia-Alix est un rescapé de la « movida » madrilène qui, après la mort de Franco en 1975, a saisi une jeunesse espagnole affamée de liberté. Photographe autodidacte, Alberto Garcia-Alix avait tout juste 20 ans et s’est livré à tous les excès d’une période dont il est devenu l’une des figures emblématiques, mais également le chroniqueur. Ses portraits en noir et blanc où poètes, chanteuses, actrices, drogués ou motards sont souvent des compagnons de plaisir et d’infortune, constituent une véritable galerie « d’oubliés et de martyrs ».

« La photographie me recentre. Elle me maintient en vie » reconnaît Alberto Garcia-Alix qui rend hommage à son moyen d’expression dans de nombreux autoportraits où il grave des moments d’épreuve « pour ne pas les oublier ». Qu’ils fixent son visage ou bien son effigie, son blouson, ses chaussures ou sa moto, ces autoportraits expriment des états d’âme où la mélancolie et la mort ne sont jamais loin.

Dans son film de 2014, « Un Horizonte falso » Alberto Garcia-Alix regroupe des photographies prises depuis 2010 et expérimente des déformations de plans et des décors à la façon du cinéma expressionniste. Son vocabulaire s’enrichit de constructions oniriques et de visions morbides, voire de références christiques qui évoquent un chemin de croix. Sa voix rauque accompagne les images d’un commentaire poétique qui accentue leur symbolisme et en font des métaphores du destin. Les mots y rejoignent les ombres qui s’étirent vers un « faux horizon ». Celui de la mort qui a englouti sa génération et celle qui le menace ?

Pauline de Laboulaye


ALBERTO GARCIA-ALIX

Né en 1956 à Leon, Espagne
Vit et travaille à Madrid
Espagnol
Site de l’artiste
Site de la galerie Kamel Mennour et du CNAP

« La photographie m’a tout appris, à aimer, à me comprendre et à comprendre les autres, à regarder le monde. Elle m’a empêché d’aller trop loin, elle m’a sauvé de la mort quand j’aurais pu sombrer définitivement dans la drogue, comme mon frère et la plupart de mes amis. Je suis un survivant. »


< CERISAIE

Cerisaie

Ouvert jusqu’au 25 septembre

Avant d’opter pour l’art, l’artiste Franco marocaine, Yto Barrada, utilisait la photographie pour illustrer ses recherches en sciences politiques. Ses images gardent de cette période une qualité de modestie documentaire qui fait partie de ses choix esthétiques ; une façon de mettre leur ambivalence et leur fragilité au service d’un propos.

Partie prenante des débats politiques et culturels posts coloniaux, Yto Barrada focalise son attention sur sa ville de Tanger où elle a fondé une cinémathèque et dont elle sonde l’histoire et les métamorphoses. Dans les œuvres présentées à la Cerisaie, elle développe le concept critique de « botanique du pouvoir » pour dénoncer le développement urbain d’une ville qui tourne le dos à son passé et à sa population pour privilégier le tourisme, inspiré par la Costa Del Sol et les clichés orientalistes.

La spéculation immobilière menace des zones entières de forêt, de pâturage et de friche où des plantes endémiques comme l’iris Tingitana disparaissent peu à peu au profit du géranium rouge. L’objectif sensible d’Yto Barrada repère leur présence modeste, dans les bois, en bouquet ou sur des chantiers où elles s’obstinent à pousser. Elle a parfois accompagné ces œuvres de bombes à graines, invitant les spectateurs à les disséminer dans la ville, à la manière d’une guérilla urbaine.

Dans la vidéo « Beau geste », tournée deux ans plus tard, Yto Barrada filme à la volée des sauveurs de palmiers qui soignent un tronc découpé par des spéculateurs, avides de récupérer les terrains.

Pauline de Laboulaye


YTO BARRADA

Née en 1971 à Paris
Vit et travaille à Tanger et New York
Franco-marocaine
Site de l’artiste
Site de la galerie Polaris
Yto Barrada - Iris et ronces, 2007, Iris Tingitana - © Y. Barrada
Yto Barrada – Iris et ronces, 2007, Iris Tingitana – © Y. Barrada
Vue d'exposition - Yto Barrada
Vue d’exposition – Yto Barrada
Vue d'exposition - Yto Barrada
Vue d’exposition – Yto Barrada
Vue d'exposition - Yto Barrada
Vue d’exposition – Yto Barrada

< ANCIEN TRIBUNAL ANCIEN HÔPITAL >

Ancien Tribunal

Ouvert jusqu’au 25 septembre

Les artistes regroupés dans l’ancien tribunal traitent de la transgression, de ses risques et de ses conquêtes, et de son rôle au cœur de la démarche artistique. Pour eux, à défaut de changer le monde, l’art a le devoir d’émanciper en explorant de nouveaux espaces de liberté, en faisant bouger les limites et en ouvrant des frontières.

Jordi Colomer est passé de la scénographie à l’action urbaine. Il voyage de ville en ville, perçant à jour leurs barrières et leurs codes. Il invente des scénarios de survie poétique  à la lumière des anciennes utopies. En résidence dans la médina de Tétouan au Maroc, il découvre le réseau de circulation sauvage qui passe par les toits et entreprend de le suivre, guidé par un enfant du pays. Ce chemin parallèle au plan officiel des rues, transgresse les limites des propriétés et se soustrait à leurs lois. Comme le montre le film en accéléré, à la manière d’un Charlie Chaplin, ce périple hasardeux exige une souplesse, physique et morale, qui convient à la jeunesse et à sa soif de liberté.

Dans ses « Corrections » Julien Berthier prend également le risque de franchir les limites de la légalité. Déguisé en agent des espaces publics, il soustrait des poteaux superflus pour regrouper des panneaux de signalisation de tous ordres, puis il transpose les trophées de son intervention clandestine dans l’espace d’exposition. Au-delà du geste de résistance à un environnement imposé, ce « prélèvement négligeable » est à la fois bien et mal, il n’apporte ni ordre ni désordre, tout juste une « simplification » dont l’ambigüité est plus riche d’invention poétique qu’une leçon d’esthétique urbaine.

« Boyzone » de Clarisse Hahn est une tentative de rédemption par l’image. L’artiste découpe dans des journaux locaux du Mexique ou de Thaïlande des photographies de délinquants mineurs, prises au moment de leur arrestation ou de leur parution en justice. Dans ces pays en proie à une violence urbaine quotidienne, les lecteurs soulagent leurs peurs en contemplant les visages encore imberbes de ces jeunes « monstres » dont le regard traqué est jeté en pâture à un public avide de presse à sensation. Le traitement appliqué à la photographie redonne à ces enfants un semblant de dignité et d’humanité qui questionne leur ambivalence, entre coupables et victimes.

Emprisonné pendant une dizaine d’années au Costa Rica, Jhafis Quintero fait l’expérience de l’art en prison. Après sa libération, l’art lui offre un autre moyen de transgression et lui permet de transformer son expérience en œuvre. Depuis, il a produit une vidéo performance par année d’incarcération. Leur chorégraphie expressive et sensuelle restitue les sensations et les angoisses liées à l’isolement et à l’insécurité permanente, mais aussi le besoin de communiquer et d’espérer. Parmi ses stratégies de survie, « La Hora Garrobo » montre Jhafis Quintero en train de capter les rayons du soleil sur sa peau nue, tandis que le bruit de la lime de fer appelle à la liberté. Dans « Metamorphosis » il rejoue sa sortie. Lorsqu’il passe la limite de la prison, il laisse les chaussures qui ne l’avaient pas quitté un instant pour parer à toute éventualité, comme on laisse ses peurs pour entrer dans un monde libre.

Pauline de Laboulaye


JULIEN BERTHIER

Né en 1975 à Besançon, France
Vit et travaille à Aubervilliers
Français
Site de l’artiste
Site de la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois

« Les Corrections, c’est regarder le monde tel qu’il est, trouver des absurdités et des incohérences réelles à des fonctionnements ou installations et les corriger. Il y a donc une intention quelque peu démiurgique de la part de l’artiste qui peut changer le monde, mais il s’agit surtout d’un geste illégal où cependant rien ne change car tous les signes restent en place. »


JORDI COLOMER

Né en 1962 à Barcelone
Vit et travaille entre Barcelone et Paris
Espagnol
Site de l’artiste
Site du CNAP

Les toits du monde attirent les enfants que nous étions. Ils continuent à les attirer : parcourir les toits, se sentir plus près des nuages, en plein jour, se balader, un peu, s’éloigner du sol, des autres, pour un instant…

« La situation du baladin » de Pedro Araya


CLARISSE HAHN

Née en 1973 à Paris
Vit et travaille à Paris
Française
Site de l’artiste
Site de la galerie Jousse Entreprise
Clarisse Hahn - Boyzone – Thaïlande, 2011 - © C. Hahn
Clarisse Hahn – Boyzone – Thaïlande, 2011 – © C. Hahn
Vue d'exposition - Clarisse Hahn
Vue d’exposition – Clarisse Hahn

JHAFIS QUINTERO

Né en 1973 à La Chorrera, Panama
Vit et travaille à Vérone
Panaméen
Site de l’artiste
Site de la galerie Analix Forever
Jhafis Quintero - La Hora Garrobo, 2013 - © J. Quintero
Jhafis Quintero – La Hora Garrobo, 2013 – © J. Quintero
Vue d'exposition - Jhafis Quintero
Vue d’exposition – Jhafis Quintero

< HALLE CERISAIE >

Halle

Ouvert jusqu’au 11 septembre

La Halle réunit six artistes attentifs aux traces laissées par des existences humaines malmenées par l’Histoire. À force de silence ou de surexposition médiatique, ces traces deviennent fragiles ou muettes. Les œuvres présentées ici leur redonnent une dimension humaine et une visibilité historique.

Taysir Batniji détourne des formes de représentation qui nous sont familières pour questionner la violence par l’image. Frappé par l’omniprésence médiatique de certaines images, notamment au lendemain de l’attaque de Charlie Hebdo, il en transpose une soixantaine sur papier peint, invitant le spectateur à « ré-habiter l’histoire ». Ainsi la marche des chefs d’État du 11 janvier 2015 est donnée à voir à l’échelle d’un motif ornemental. Ou encore, comme pour attester l’impact des bombardements sur Gaza durant l’hiver 2008-2009, l’artiste installe des photographies de maisons palestiniennes détruites dans le dispositif commercial d’une agence immobilière. Enfin, les miradors israéliens présentés sous forme de polyptiques à la Bernd et Hilla Becher, le couple mythique de la photographie documentaire allemande, prennent l’allure d’une œuvre familière pour un visiteur de musée.

Les artistes Joana Hadjithomas & Khalil Joreige sondent les zones obscures de l’histoire de leur pays, le Liban, et construisent des situations plus souvent existentielles que politiques. En 1999, ils rencontrent six détenus tout juste sortis de Khiam, un camp géré par la milice supplétive d’Israël, l’Armée du Sud-Liban. Le camp sera libéré en 2000 et détruit en 2006. Les récits des détenus et leurs efforts démesurés pour fabriquer de minuscules objets sans disposer d’aucun matériau, sont une leçon d’humanité, de courage et d’ingéniosité. Ils rappellent la puissance de la vie face à la volonté de la détruire, et la nécessité de créer pour résister à l’anéantissement.

Mounir Fatmi établit des ponts entre l’Orient et l’Occident, désacralisant les symboles religieux et idéologiques, et testant les limites de la tolérance, notamment dans son pays, le Maroc. C’est à l’occasion d’une résidence à Meknès qu’il s’intéresse à la prison souterraine de Kara construite au XVIIIème siècle pour abriter des prisonniers musulmans et chrétiens, puis un marché aux esclaves, et enfin un grenier à céréales. Aujourd’hui monument historique, Kara sert de refuge clandestin aux amoureux et à une jeunesse sous haute surveillance. Les ouvertures qui lui procurent l’air et la lumière sont pour la plupart envahies d’une végétation sauvage qui, telles la vie et la poésie, se nourrit des ruines du passé et trouve toujours son chemin, malgré les contraintes, là où « C’est encore la nuit ».

L’artiste franco-marocaine Bouchra Khalili  examine les notions de frontière, de migration et d’identité. Entre fiction et documentaire, ses œuvres entremêlent les discours de résistance anticoloniale et les récits concrets de migrants. Dans la série « Wet Feet », une expression qui désigne les migrants cubains interceptés avant leur arrivée à terre, Bouchra Khalili photographie des embarcations et les conteneurs abandonnés autour du port de la rivière Miami. Usés par le temps et enfouis sous la verdure, ces rebuts incarnent pour elle les épreuves traversées par ces clandestins. Ce sont « les métaphores mélancoliques de l’implacable déception qui accompagne l’expérience migratoire. Celui d’un rêve américain qui restera pour la majorité d’entre eux un éternel mirage. »

C’est également en anthropologue que Mathieu Pernot témoigne des événements  qui jalonnent la vie d’une famille de tziganes arlésiens qu’il suit depuis 1995. Dans la série Le Feu, il photographie un à un les différents membres du groupe réunis autour de l’incendie qui ravage une caravane, moment qui évoque un rituel funéraire rom. Les visages recueillis sont éclairés par les flammes comme dans une peinture religieuse de La Tour, et l’attente des corps semble inscrite dans une autre durée, celle d’une coutume immémoriale. Avant de retourner à leur obscurité originelle, ces gitans nous apparaissent dans toute leur dignité, comme les célébrants d’un mystère sacré.

Rendre visibles ceux que la société veut ignorer, c’est ce que fait Clarisse Hahn avec son film, Los Desnudos. Lorsque l’on ne possède plus rien pour faire connaitre sa cause, il reste toujours le corps : le corps décharné des grévistes de la faim ou encore le corps nu des femmes de paysans mexicains dépossédés de leurs terres. Clarisse Hahn filme ces « dénudées » qui viennent manifester deux fois par jour dans les rues de Mexico. Au-delà du documentaire, elle y poursuit sa recherche sur le corps comme lieu de résistance politique et sociale et comme arme médiatique, ainsi que le dit l’une des protagonistes du film : « être nues, c’était comme pleurer ».

Pauline de Laboulaye


TAYSIR BATNIJI

Né en 1966 à Gaza, Palestine
Vit et travaille à Paris
Franco-palestinien
Site de l’artiste
Sites des galeries Eric Dupont, Sfeir Semler et du CNAP

« Je fais en sorte d’être au plus proche de moi, d’évoquer cette réalité sans tomber dans l’illustration, le pathos, le discours politique convenu. J’essaie de proposer autre chose que ce que les médias nous donnent à voir. »


MOUNIR FATMI

Né en 1970 à Tanger
Vit et travaille à Paris et Tanger
Marocain
Site du Studio Fatmi

« Les images ne représentent pas la vérité. Je suis un artiste, je ne cherche pas de preuves, je fabrique des idées. »


JOANA HADJITHOMAS & KHALIL JOREIGE

Nés en 1969 à Beyrouth
Vivent et travaillent à Paris
Franco-libanais
Site des artistes
Site de la galerie In Situ – Fabienne Leclerc
Joana Hadjithomas & Khalil Joreige - Khiam, 2000-2007 - © J. Hadjithomas & K. Joreige
Joana Hadjithomas & Khalil Joreige – Khiam, 2000-2007 – © J. Hadjithomas & K. Joreige

CLARISSE HAHN

Née en 1973 à Paris
Vit et travaille à Paris
Française
Site de l’artiste
Site de la galerie Jousse Entreprise
Clarisse Hahn - Los Desnudos, Mexique, 2012 - © C. Hahn
Clarisse Hahn – Los Desnudos, Mexique, 2012 – © C. Hahn

BOUCHRA KHALILI

Née en 1975 à Casablanca
Vit et travaille à Paris et Berlin
Franco-marocaine
Site de l’artiste
Site de la galerie Polaris

« Wet Feet concilie un aspect à la fois métonymique et métaphorique : en tant qu’un travail sur des objets très spécifiques comme des traces de ces voyages clandestins, mais aussi en tant qu’une métaphore de l’inéluctable échec du soit-disant « American Dream » vécu par la majorité de ces immigrants. »


MATHIEU PERNOT

Né en 1970 à Fréjus
Vit et travaille à Paris
Français
Site de l’artiste
Site de la galerie Eric Dupont
Mathieu Pernot - Caravane, Arles, 2013, série Le Feu - © M. Pernot
Mathieu Pernot – Caravane, Arles, 2013, série Le Feu – © M. Pernot
Vue d'exposition - Mathieu Pernot (au premier plan : Joana Hadjithomas & Khalil Joreige)
Vue d’exposition – Mathieu Pernot (au premier plan : Joana Hadjithomas & Khalil Joreige)

CENTRE D’ART ET DE PHOTOGRAPHIE ANCIEN TRIBUNAL >

Centre d’art et de photographie

Ouvert jusqu’au 25 septembre

Le Centre d’art réunit quatre artistes qui puisent dans leur environnement quotidien la matière de leurs combats et de leurs recherches artistiques.

La « fiction documentaire » de Roger Ballen met en scène les psychodrames d’une société sud-africaine en proie à ses fantômes. Venu de la photographie documentaire, Roger Ballen sillonne le pays dans lequel il fait le choix de s’installer au début des années 1980. À partir de 1994 il se concentre sur une communauté marginale de Johannesburg dont il fait les acteurs d’un théâtre intime. Roger Ballen utilise leurs décors, leurs animaux, leurs corps et leurs lubies pour bâtir des scénographies surréalistes qui brouillent les frontières entre fantaisie et réalité, dérives sociales ou mentales, créations artistiques ou objets trouvés.

C’est encore l’Afrique du Sud que parcourt le photographe Graeme Williams, attentif aux changements amenés par la fin de l’apartheid. Dans la série « Peindre sur le présent » il fait le constat d’une pauvreté endémique, toujours en attente d’une réforme qui ne vient pas. Mais chacun est désormais libre d’exprimer sa singularité par une touche de couleur et de fantaisie. Qu’on la considère comme un cache-misère ou comme un signe d’espoir, la couleur transfigure l’environnement et proclame une identité enfin respectée.

L’œuvre engagée de LaToya Ruby Frazier dénonce la misère des laissés-pour-compte de sa ville natale de Braddock, en Pennsylvanie, frappée par la crise industrielle et abandonnée à la pollution et à la violence. Ses images à la beauté poignante interrogent le futur d’une communauté trop longtemps négligée qui subit les effets du capitalisme « sauvage ». LaToya Ruby Frazier se met en scène avec sa famille dans un univers quotidien chaotique où l’homme, comme la ville, est mis au rebut. Dans le portfolio consacré à la campagne contre la fermeture de l’hôpital de Braddock, l’artiste annote des affiches publicitaires des jeans Levi’s prises dans le contexte « destroy » de Braddock. Elle stigmatise leur arrogance face à la précarisation sanitaire, économique et sociale d’une population prise au piège de la pauvreté.

Son environnement quotidien, Frank Smith le puise dans les images médiatiques qui envahissent notre univers visuel et amènent le monde à notre porte. Artiste du langage, poète et vidéaste, il renoue avec la pratique des cinétracts, initiée par Chris Marker en mai 1968. Dans les 19 films courts de sa série Les Films du monde, un corpus d’énoncés, tant poétiques que politiques, débusquent les faits derrière les images et leur apportent un éclairage sensible. Cette « reformulation poétique du monde » vise, selon le protocole d’origine de cette forme cinématographique, à « contester-proposer-choquer-informer-interroger-affirmer-convaincre-penser-crier-dénoncer-cultiver » afin de « susciter la discussion et l’action ».

Pauline de Laboulaye


ROGER BALLEN

Né en 1950 à New York
Vit et travaille à Johannesburg
Américain
Site de l’artiste
Roger Ballen – Mimicry (Serie Boarding House), 2005 – © R. Ballen
Vue d'exposition - Roger Ballen
Vue d’exposition – Roger Ballen

LATOYA RUBY FRAZIER

Née en 1982 à Braddock, Pennsylvanie
Vit et travaille à New York
Américaine
Site de l’artiste
Site de la galerie Michel Rein
LaToya Ruby Frazier - Momme Portrait Series (Shadow), 2008 - © L. R. Frazier
LaToya Ruby Frazier – Momme Portrait Series (Shadow), 2008 – © L. R. Frazier
Vue d'exposition - La Toya Ruby Frazier
Vue d’exposition – La Toya Ruby Frazier

FRANK SMITH

Né en 1968 à Calais
Vit et travaille à Paris et Los Angeles
Français
Site de l’artiste
Site de la galerie Analix Forever
Frank Smith - Les fillms du monde / 9 cinétracts, 2015 - © F. Smith
Frank Smith – Les fillms du monde / 9 cinétracts, 2015 – © F. Smith

GRAEME WILLIAMS

Né en 1961 à Cape Town
Vit et travaille à Johannesburg
Sud-africain
Site de l’artiste
Site de la galerie VU’
Graeme Williams - Intabazwe Township, Harrismith, 2011 - © G. Williams
Graeme Williams – Intabazwe Township, Harrismith, 2011 – © G. Williams
Vue d'exposition - Graeme Williams
Vue d’exposition – Graeme Williams

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« DEMAIN »

Dans le cadre de l’Été cinématographique

Projection du film de Cyril Dion et Mélanie Laurent
Le vendredi 29 juillet à 21h 
Au cinéma Le Sénéchal


CYRIL DION et MÉLANIE LAURENT

Né en 1978 à Poissy / Née en 1983 à Paris
Français
Site du film

« Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent partent avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l’éviter.

Durant leur voyage, ils rencontrent les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain… »

Cyril Dion et Mélanie Laurent – Demain, 2015 – 2h

En partenariat avec
Le Sénéchal cinéma de Lectoure
L’association Ciné 32
Le CNAP / Fonds Image Mouvement