LE BOUCHE A OREILLE REÇOIT BRUNO HADJIH

Dans le cadre du festival Hors les murs

Projection de AT(H)OME et rencontre avec l’artiste
Le vendredi 12 août à 21h
Au Bouche à Oreille à Simorre


BRUNO HADJIH

Né en Algérie
Vit et travaille à Paris
Site des Ecrans du larges

Le livre AT(H)OME sortira fin 2016 aux éditions ARP2 (Bruxelles) et BARZACK (Alger)
Nous n’irons pas nous promener

« Ce récit photographique, raconte un événement dont on devine la trame en filigrane. Les témoignages seuls justifient l’image. Il n’y a pas de fil narratif. Ce n’est pas une pérégrination non plus. Les lieux photographiés ne sont pas innocents et ne relèvent pas du hasard. Ce travail pointe aussi  le rétrécissement des territoires sur lesquels peut s’aventurer l’être humain. Le photographe sud-africain Santu Mofokeng dans Chasing shadows en 1996 confessait à propos des lieux portant encore la mémoire  de l’apartheid :

Je pourrais reprocher à mes père et mère d’être responsables de mon obsession pour le sens et l’utilité des choses, et le fait que je trouve peu satisfaisante la beauté sans la vérité, Il nous arrive de protester, mais bien souvent nous sommes complices ».

Le ciel est bleu, le paysage invite à la promenade. En rétrécissant les paupières face à cette lumière crue, un panneau nous apprend que cette zone est contaminée. La beauté de ces lieux est vénéneuse. Le monde se rétrécit sous nos yeux pour d’autres raisons que la violence ordinaire des hommes. Celle-ci est insidieuse et invisible. Il nous faut nous méfier des apparences. La beauté relève de ce champ de la réflexion. Les impressions sont trompeuses, il n’y a que par l’expérience qu’on peut faire la part des choses. Le paysage a à voir avec la liberté, le sentiment d’immensité, la possibilité de se mouvoir. Ce paysage est à l’opposé de cette perception, par la seule faute des hommes.

C’est peut-être de là que provient notre incapacité à réagir face au réel, la conscience d’être inextricablement rattachée aux faits. Seulement, les images viennent à nous rappeler que ne rien faire c’est aussi participer des dégâts causés par d’autres. Nous voici confrontés au dilemme. Ainsi se pose la question de l’engagement.

Si les images suspendent le temps, répondant ainsi aux suppliques du poète, dans le même temps qu’elles nous satisfont, elles soulèvent d’autres interrogations. La fatalité n’est pas un sentiment, elle ne doit pas être un constat non plus. Mais si elle peut nourrir la révolte, elle sera alors un catalyseur pour l’espoir. »
Bruno Hadjih

Bruno Hadjih - AT(H)OME, 2013, 53 minutes
Bruno Hadjih – AT(H)OME, 2013, 53 minutes

En partenariat avec le Pays Portes de Gascogne